' C'était une nuit sombre et il n'y avait pas d'éclairage ni de signalisation sur les côtés de la chaussée, ni de lignes blanches, ni de glissières de sécurité, ni quoi que ce soit, rien que l'asphalte qui traversait un paysage de plaines entouré de collines au loin, mais ponctué par des cheminées d'usines, des pylônes, des fumées et des lumières colorées. Ce parcours fut une expérience révélatrice. La route et la plus grande partie du paysage étaient artificiels, et pourtant on ne pouvait pas appeler cela une œuvre d'art. D'autre part je ressentais quelque chose que l'art ne m'avait jamais fait ressentir. Tout d'abord, je ne sais pas ce que c'était, mais cela me libéra de la plupart des opinions que j'avais sur l'art. Il y avait là, semblait-il, une réalité qui n'avait aucune expression en art. L’expérience de la route constituait bien quelque chose de défini, mais qui n'était pas socialement reconnu. Je pensais en moi-même : il est clair que c'est la fin de l'art.'



_ Tony Smith (1951)