_ Caroline Sagot Duvauroux _ été 2012 _









Histoire que nous avons vécue ensemble, il y a longtemps maintenant, c'était une histoire de secret posé dans des formes très silencieuses, des formes parallélépipédiques, avec simplement quelques fractures, nous sentions que quelque chose s'était passé ; les fractures étaient des ouvertures sur non pas le silence mais sur des choses tues. Un secret. Les formes étaient dispersées dans une montagne, ces choses comme de longs bâtons de plâtre très fins qui montraient quelque chose, une idée de cardinalité, qui montraient quelque chose, qui signifiaient profondément ce qu'était un lieu, un lieu de, un lieu d'où, c'est à dire qu'il vous offrait votre point de vue. Et tout cela m'a toujours énormément inquiétée, et ravie dans le travail de Pierre-Yves.



_ Lee Ufan _ Un art de la rencontre _





Entre deux personnes, qu’elles soient amantes ou non, la communication se fait moins par les mots que par les résonances physiques mutuelles ; ainsi le dialogue peut-il avoir parfois la densité du secret.
Un échange de mots dénué de résonance physique et de mystère ne saurait être considéré comme un dialogue. Un beau dialogue est celui où les mots viennent à manquer et où la communication a l’éclat du mystère.

Il en va de même pour les formes visuelles telles la peinture ou la sculpture. Une œuvre est fastidieuse si elle a la parfaite nudité du discours tenu à un public général. Elle doit être la partenaire d’un dialogue vivant.

Quand une relation fondée sur la résonance physique se noue entre l’œuvre et le spectateur, le dialogue se teinte de secrets.


Certaines œuvres cèdent à la généralité, sous prétexte qu’elles s’adressent à la masse anonyme, et deviennent pauvres en résonances physique. D’autres sont dénuées de mystère. De telles œuvres il ne résulte non un dialogue mais des jeux de mots insignifiants.


L’infatuation qu’il y a à vouloir anticiper les mots est aussi pesante qu’est arrogante la transparence des mots conçus pour la foule. Ce n’est pas dans le monologue ou le prêche, mais d’abord dans le dialogue, que l’œuvre apparaît comme un intermédiaire. Je veux qu’un silence pareil à un espace de résonance se déploie entre l’œuvre et le spectateur.



_ Dernière fissure au 180.