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Il y a un chemin, un chemin de forêt, en sous-bois, il y a un bruit d’eau, une rivière ou une source, qui sait ... A moins que ce ne s’agisse d’un bruit rapporté, d’un son déplacé, enregistré ailleurs et qui renaît ici. C’est assez courant.

Auparavant, le long du chemin que vous venez de parcourir, vous avez peut-être perçu quelques trouées de lumière, un reflet ou un jeu d’ombre, une présence furtive qui se déplaçait, perçue et vite perdue puisque vous marchiez.

Vous seriez-vous arrêté ? Ce furent deux ou trois reflets dans le sous-bois. Ce sont des plaques de verre dressées, posées en ce sous-bois, ni trop loin, ni trop proches. Légèrement inclinées, chacune différemment, elles reflètent le ciel et les nuages, ou votre passage. Ce n’est qu’une ombre qui se déplaçait.

Le bruit de l’eau est à mi chemin de ce court parcours. Si vous cherchiez son origine, vous entreriez dans le bois. Pas trop loin non plus, ni trop prés. Le bruit de l’eau est là, il vient de nulle part, nous avons disposé les sources sonores de manière à ce que ce son soit diffus, épars, mais précis cependant. Il vous amène à une éclaircie dans les arbres, à une petite clairière, quelques mètres carrés.

Un reflet affleure au niveau du sol. Ce n’est pas une forme géométrique, la végétation en envahit doucement les contours. C’est un cube de verre enterré. Un cube de 183 centimètres d’arête, les dimensions de Die de Tony Smith, je n’invente rien. Le cube de verre était vide lors de sa réalisation, mais non hermétique. Ce n’est pas un travail sur la condensation comme Hans Haacke, ni un ossuaire comme Gloria Friedman. Non, c’est un cube dont deux côtés verticaux sont légèrement ouverts, sur quelques centimètres, a leur base. La terre, l’eau et les racines l’envahissent lentement. Il fut long à construire, les contraintes de sécurité du verre en plein air sont importantes. Mais il est là.

Désormais, cela vit en lui. Initialement, ce volume vide déterminait une trouée dans le sol, l’on voyait le fond et les côtés, la terre, comme un puits de verre où vous vous reflétiez. Maintenant, il s’emplit de vie en se soustrayant à nos regards. Lentement.

Vous allez repartir, il se peut que vous aperceviez encore quelques reflets qui vous accompagnent dans votre éloignement. Le vent sans doute, ou le soleil. Ou quelques plaques de verres. Il en existe cinq, 183 centimètres de haut, 65 centimètres de large chacune.

Ce geste aurait pu se nommer 6 + 1.



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' ... Quand on commence à ignorer le rapport des choses entre elles et des choses avec la nature, au titre des villes, des constructions, de l'installation toujours plus puissante de l'homme sur la planète, alors il faut s'attendre à bien des désastres qui d'ailleurs ont déjà commencé. On a oublié qu'il n'est pas possible de tout faire, ou alors on paiera tout. '


Siza au Thoronet, le parcours et l’œuvre, Éditions Parenthèses.



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