_ Septembre 2014.









_ Vers le blanc.








Intrusion, sculptures blanches forcées de la main.



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_ 365 Dessins _





D'août 2013 à août 2014, Cally Trench, une artiste anglaise vivant au Buckinghamshire et Tineke Bruijnzeels, une artiste néerlandaise vivant en Suisse, ont chacune fait un dessin par jour et se les sont envoyées par lots hebdomadaires.

En 2013-2014, cinquante-et-un artistes invités ont rejoint ce projet, chacun a dessiné pendant une semaine. Les artistes invités ont suivi les mêmes règles que Cally et Tineke: un dessin par jour pendent une semaine, format A6 vertical, technique de dessin au choix sur tout type de papier, dessins d'observation, et un seul objet/sujet/thème/question pour tous les sept dessins.

Les artistes invités: Nick Trench, Steve Perfect, Penny Matheson, Guy Tarrant, Rekha Sameer, Marco Calí, Sophie Loss, Jo Thomas, Valérie Mary, Ingrid Jensen, Eva Theytaz, Polly Binns, Brigitte Ritschard, Ann Piker, Ann Rapstoff, Roger Perkins, Nick Bodimeade, Neile Wright, Lydia Julien, Philip Lee, Jane Grisewood, Joan Skelton Smith, Kaliko, Anna Mitchell, Danielle Berthet, Pierre-Yves Freund, Neil Ferguson, Catherine Jacquet, Ann Harris, Linda Francis, Claire Deniau, Alex Dewart, Pierre Thorelle, Françoise Roueff, Judy Goldhill, John McDowall, Patrick Jeffs, Julia Rogers, Mary Yacoob, Silvia Ziranek, Tony Moody, June Kingsbury, Chris Mercier, Didier Merlin, Mariouh, Joanna Greenhill, Jean Davey Winter, Imogen Welch, Alan Franklin, Karin Janssen, and Camilla



Exhibition of 365 Drawings 365 Dessins at OpenHandOpenSpace, Brock Keep, Reading, 27 et 28 September 2014






Je dessine peu ou pas, je regarde et tente de saisir le travail du temps. Chaque année, je conserve les pétales de pavots qui fleurissent dans le jardin. Je les place dans de petits cahiers à dessins. J'ai retravaillé sept de leurs empreintes, sept tirages jet d'encre sur papiers fragiles.

I draw little or not at all, I look and try to grasp the work of time. Every year, I keep petals of poppies that flower in the garden. I put them in small drawing books. I have reworked seven of their imprints, seven ink jet prints on fragile paper.




_ Perdu ...





D'abord, et c'était il y a longtemps, il a pris une boîte en fer, ou un carton à chaussures, c'est un peu flou, et sans importance, et au fil du temps, de son temps, il y a rangé des images, celles de sa vie, de ses amours, la première automobile, l'arrivée des Américains, la première communion. Quelquefois, il ouvre la boîte, regarde, c'est aussi cela la photographie, la mémoire, oh, bien sûr, la petite mémoire, celle qui ne regarde que lui, que chacun, un brin de souvenir, et qui s'estompe, un peu de nostalgie même, des images qui vieillissent, mal ou bien, qu' importe, une marque de temps que chaque manipulation, si douce soit-elle, blesse quand même un peu, la cassure sur ce visage, le coin plié, la tache de fixateur, et puis qui les regardera encore, après ... Après, histoire de temps, temps de souvenirs. Dans sa boîte, il avait de drôles d’images, des mots d’amour trouvés en des lettres jetées, penser perdues, des mots, toujours les mêmes, je pense à toi, je t’envoie une photographie de moi, tu la regarderas lorsque je te manquerai... il ramassait dans les caniveaux, recollait les morceaux, écoutait les mots, regardait les images, s’effacent les images je te manque ? comment pouvaient-ils perdre ces mots d’amour ? L'autre boîte, il n'osait plus l'ouvrir. Savait trop ce qu'elle contenait, il avait peur de ces images aujourd'hui. Cela serrait au creux du ventre à la simple idée de l'approcher. Et pourtant, elle reste là, ne pas la jeter, surtout pas. C'étaient ses images, un côté peut-être obscur, un souvenir, des rêves d'avant, savait plus trop, de toutes manières, des images, il y en avait trop maintenant. Laisser celles-ci reposer, un jardin secret qui ne regardait personne, ils ne comprendraient pas. Ou pire. Plus tard un inconnu les regarderait, saurait, celui-là est déjà un ami. Ne redoutait que les voleurs de mémoire, les marchands, ceux-là ne savent rien voir. Et il y a encore une boîte, là-bas, discrète. Celle-là, il l'avait empruntée dans une galerie d'art, il y a longtemps. Oh, ce n'était rien, pas fait exprès, juste un hasard. Il y avait beaucoup de boites métalliques de petits gâteaux, au sol, des dizaines, toutes fermées, toutes avec une image de visage découpée dans un journal collée sur une face. Saura jamais ce qui lui a pris, il est ressorti avec la boîte sous le manteau, vite, personne n'a rien vu. Plus tard, il est retourné en ce lieu. Les boîtes étaient empilées en de hautes colonnes, équilibres précaires, impressionnants, il avait pleuré. Cela s'appelait Les Suisses Morts, c'étaient des boîtes mémoriaux anonymes, c'était qui déjà, oh, cette petite mémoire fout le camp, christian B, je crois, sais plus... De toutes façons, il n'avait jamais ouvert la boîte