_ Dernière vue ....





Jour de brouillard. Le lieu où saisir ces arbres est en travaux désormais, inaccessible. Il fallait une fin, elle s'impose de fait, simplement laisser les regards porter ailleurs.







_ Tout ce blanc et ce gris.





_ Ça poisse sévère. On ne voit même pas le bout de son bras. On marche dans le vide. C'est pas nouveau. Mais c'est humide. Et ça tord un peu les boyaux. On s'habitue. Comme d'habitude. Comme d'habiter dans du fromage. Ou d'explorer le cul d'un nuage. On s'habitue. C'est pas le problème. Tout ce blanc et ce gris qui nous emmêlent. Le froid des os. C'est pas le plus grave. Là où ça coince c'est de comprendre que dans nos yeux naît le brouillard.



_ Bleu de travail _ Thomas Vinau. [Édition 'La fosse aux ours']






_ Eau et vent ...









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_ Hâte toi ...







Tu es pressé d’écrire
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S’il en est ainsi fais cortège à tes sources
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie
La vie inexprimable
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir,
Celle qui t’est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens de ci delà quelques fragments décharnés
Au bout de combat sans merci.
Hors d’elle, tout n’est qu’agonie soumise, fin grossière.




_ René Char, dans ' Le marteau sans maître'' (1934)