' A la barbe de la Sainte ... ' est une exposition conçue par Emmanuelle Potier, qui, avec ' Le Mètre Carré ', a assuré le commissariat, les recherches d'argent, les rencontres avec les mineurs, les élus ... Une volonté de faire un peu se rompre des cercles fermés préexistants, de faire se rencontrer des champs d'expressions différents qui se retrouvent en des préoccupations similaires ; loin des constats d'échec, tenter d'aller au delà du bilan voulu par les personnes de pouvoir au détriment des individus. Je le lis ainsi, ce n'est que mon regard sur un projet que je ne peux qu'aimer, briser les cercles, ouvrir des brèches, sans doute donner.

Je suis né là-bas, j'ai vu les premières aciéries disparaître, à Neuves Maisons, les fours Bessemer illuminer le ciel de rouge incandescent, puis s'éteindre. J'avais arrêté la voiture en bord de route quand, pour la première fois, j'ai entendu Lavilliers chanter 'Les Barbares',  c'était cela, c'était juste cela.

Comprendre que c'est en route, que le U4 éclairé par Claude Lévèque va peut-être devenir un centre d'art, que c'est bien, si l'art rencontre les habitants, s'ils s'en emparent, les vieux rêves (démons) des utopies.

L'affiche, les points bleus comme les endroits satellites des lieux d'expositions, c'est effectivement 'Ici et Maintenant' que cela est. Pas que cela se joue, il n'est pas question d'un jeu, ni de construction de lieux nostalgiques de mémoire, ce serait trop simple ; on saborde un outil, un espace, des vies, on construit un Musée, un de plus, il en faut, à condition qu'il ne rime pas avec enterrement.

Donc l'affiche, les lieux, les tunnels et les ponts, briser les cercles, construire des ponts.

Alors, il y a de belles pièces, photographies blanches, films rouges, oui, le rouge encore, les symboliques affluent sans doute, mais on s'en fiche, la parole dit beaucoup, elle est donnée.

C'est  une belle exposition, et j'ai été 'touché' par une humanité certaine un soir de vernissage hors véritable cour officielle, il y avait beaucoup dans certains regards. Assez pour générer une humilité dans notre attitude d'artiste.

Sans doute un vieux fond d'humanisme qui refuse de mourir, une nécessité pour tenir debout.

Aller vers cette exposition, sans jamais la retirer de son contexte.





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