_ Regard sur gestes.





Le rapport au rĂ©el, Ă  la matiĂšre, ĂȘtre de la sculpture.

Le passage du temps, tenter de lire la forme.


Photographier, caresser l'ombre.











Travailler avec qui maĂźtrise l'outil.

User de mains contraignant le plĂątre tenu en de fragiles gangues de nylon.

Contrainte.



Rien n'est simple ni épuré dans ce qui précÚde le geste, ou s'ensuit.

Sculpture donc, caresse de matiÚre, empreints d'images au réel proche, sans recherche de vouloir faire absolument, cela naßt de rencontres.

La présence du blanc quelquefois contrariée de rouge qui souligne ou s'estompe.

OĂč paumes contenant caressant une matiĂšre organique fragile prise dans le blanc.









Le calme apparent de la forme, lent Ă©coulement du fil du temps.




_ 'Comment sauver le peu qu'on engloutit ? ... '





Toute l’Ɠuvre de P-Y Freund rĂ©pond Ă  la question que pose Caroline Sagot Duvauroux * : “Comment sauver le peu qu’on engloutit ?” et que le monde lui-mĂȘme dĂ©vore. Le plasticien fait ressurgir non seulement les traces mais les lumiĂšres de tout ce qui se dĂ©fait. Textiles, moulages tirent du rien “tout ce qui reste” comme aurait dit Beckett. Comme lui, l’artiste fait de ce rien un tout en un cĂ©rĂ©monial qui n’a rien de dĂ©lĂ©tĂšre. Les survivances se transforment soudain en survivances Ă  la beautĂ© froide venue d’un surgissement intempestif. NĂ©ons, cubes conjurent Ă  leur maniĂšre l’immense charnier du temps selon une gĂ©omĂ©trie dans l’espace des plus impeccables.

Le crĂ©ateur projette des visions qui ouvrent Ă  une sorte d’universalitĂ©. Elles marquent une obsession, une hantise de l’entrave dont le crĂ©ateur veut libĂ©rer le monde comme s’il voulait rĂ©parer le trauma d’une Ă©poque qui croule sous les images, aussi rĂ©pulsives qu’attirantes et attractives, signes d’un implicite enfermement. Les Ă©pures de l’artiste permettent de penser l’ĂȘtre, son rapport Ă  l’autre, au monde en une concentration source de “simplicitĂ© ». Ses Ɠuvres produisent aussi une sensation quasi tactile de l’espace. Il joue ainsi sur deux registres : la jubilation d’un parcours initiatique qui provoque un ravissement mais aussi — car il faut bien l’appeler par son nom — le tragique de situation oĂč l’ĂȘtre semble perdu en une sorte de nĂ©ant.

Ce que l’artiste offre reste nĂ©anmoins harmonieux et accompli. Dans cet univers dĂ©peuplĂ© et de recueillement, ce qui y demeure “tient”. A ce titre, Freund pourrait faire sienne la phrase de Braque: “ une toile blanche ce n’est dĂ©jĂ  pas si mal ”; chez le plasticien c’est mĂȘme bien, car Ă  la fin il faut toujours revenir Ă  l’essentiel, l’image primitive et sourde. Une lumiĂšre surgit de sa cĂ©sure. Jamais loin du nĂ©ant, l’artiste atteint ainsi une sorte d’essence et de clartĂ© par ce dĂ©pouillement majeur lĂ  oĂč l’art semble se dĂ©rober mais rĂ©siste pourtant de maniĂšre essentielle.

C’est en ce sens que sous l’apparente banalitĂ© se cache ce qu’il y a de plus fantastique. L’image devient un seuil visuel particulier. Franchir ce seuil ne revient pas Ă  trouver ce qu’on attend. Mais c’est ainsi qu’il indique un rĂ©el passage : il ne risque pas, sa frontiĂšre passĂ©e, de rameuter du pareil, du mĂȘme. Si effet de miroir il y a, ce miroir est un piĂšge : l’Ɠil devient veuf de ce qu’il espĂšre ou serait en droit d’attendre.


Jean Gavard-Perret.


* Texte de Caroline Sagot Duvauroux, catalogue Pierre-Yves Freund, édité par le CRAC le 19 de Montbéliard, 2015.












_ Gestation.





GESTATION


Au sens figurĂ©, pĂ©riode pendant laquelle un artiste, un Ă©crivain travaille Ă  une Ɠuvre en cours; c'est aussi l'Ă©tat de l’Ɠuvre pendant cette pĂ©riode. Pour l'auteur, la gestation est un Ă©tat trĂšs particulier, de travail, mais aussi de prĂ©occupation et mĂȘme de hantise jusque dans la vie courante; il a l'impression de vivre dans deux mondes Ă  la fois, celui de l’Ɠuvre et le monde rĂ©el; et il s'est orientĂ© vers l’achĂšvement, il sent cependant avec l’Ɠuvre une intimitĂ© Ă  laquelle il regrette souvent de devoir mettre fin. Pour l’Ɠuvre, ce n'est pas seulement l’inachĂšvement; c'est un Ă©tat dynamique de transformations perpĂ©tuelles; les brouillons, les esquisses, en donnent une idĂ©e, mais ne rendent pas l'essentiel, qui est ce statut toujours mouvant.


Voir Ă©galement Conception, Esquisse.



Extraits du Dictionnaire des synonymes et des mots de sens voisins de Henry Bertaud du Chazaud, Quarto Gallimard .



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"De quelque façon que les hommes veuillent me voir, ils ne sauraient changer mon ĂȘtre, et malgrĂ© leur puissance et malgrĂ© toutes leurs sourdes intrigues, je continuerai, quoi qu'ils fassent, d'ĂȘtre en dĂ©pit d'eux ce que je suis. "

RĂȘveries du promeneur solitaire (1782) Jean-Jacques Rousseau



_ Jean-Pierre Le Goff _











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SILENCE OPPOSÉ






_ Tout ce blanc et ce gris.





_ Ça poisse sĂ©vĂšre. On ne voit mĂȘme pas le bout de son bras. On marche dans le vide. C'est pas nouveau. Mais c'est humide. Et ça tord un peu les boyaux. On s'habitue. Comme d'habitude. Comme d'habiter dans du fromage. Ou d'explorer le cul d'un nuage. On s'habitue. C'est pas le problĂšme. Tout ce blanc et ce gris qui nous emmĂȘlent. Le froid des os. C'est pas le plus grave. LĂ  oĂč ça coince c'est de comprendre que dans nos yeux naĂźt le brouillard.



_ Bleu de travail _ Thomas Vinau. [Édition 'La fosse aux ours']






_ HĂąte toi ...







Tu es pressĂ© d’écrire
Comme si tu Ă©tais en retard sur la vie.
S’il en est ainsi fais cortùge à tes sources
HĂąte-toi.
HĂąte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie
La vie inexprimable
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir,
Celle qui t’est refusĂ©e chaque jour par les ĂȘtres et par les choses,
Dont tu obtiens de ci delà quelques fragments décharnés
Au bout de combat sans merci.
Hors d’elle, tout n’est qu’agonie soumise, fin grossiùre.




_ René Char, dans ' Le marteau sans maßtre'' (1934)




_ L'arriĂšre-pays ...





J'ai souvent Ă©prouvĂ© un sentiment d'inquiĂ©tude Ă  des carrefours. Il me semble dans ces moments qu'en ce lieu ou presque lĂ , Ă  deux pas sur la voie que je n'ai pas prise et dont dĂ©jĂ  je m'Ă©loigne, oui, c'est lĂ  que s'ouvrait un pays d'essence plus haute oĂč j'aurais pu aller vivre et que dĂ©sormais j'ai perdu...



L'ArriĂšre-pays _ Yves Bonnefoy



_ Absence _ by Max Kuiper









'' Poetic interaction with ABSENCE '' _ Invitation à contributions à NUITS et NOIRS magazine, initié par Max KUIPER.



_ Docimasie _ Patrick Wateau.





De quelque maniĂšre que l’on place son visage sur un plan plane, il ne reposera jamais dans toute sa longueur. MĂȘme entre vis de serrage et verrou de blocage.



_ Rien





'Silences en regard trop souvent entrecoupés de petits signes contrariant l'effacement définitif. '



_ Tatiana Trouvé





' That presence, or rather, that belief in the presence of spirits or ghosts was si important that I found myself imagining the opposite, that perhaps my family and I were ghosts and that we were living in a parallel dimension where the jinns were the true, habitants of a new continent. Many years later, I come to think that for me fiction was nothing more than a doubling of things. ' _ Tatiana Trouvé



_ fragments d'une correspondance amie _





_ ce que l’on garde - ce que l’on porte - ce dont il serait bon de se dĂ©barrasser _



_ sur le Sentiers des Lauzes ....





Mise Ă  jour du site du Sentiers des Lauzes .... Texte critique de Monique Chiron, alors directrice de la galerie du Granit, Belfort.





Écrit au blanc de Meudon sur la baie dominant la VallĂ©e de La Drobie.







_ Trans Formation





. Ici ... _ Un texte qui parle de l'Ă©dition Trans Formation, par Jean-Paul Gavard Perret



... LĂ  _ Un lieu oĂč trouver cet ouvrage





'My Island' _ Moufida Fedhila.







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' Je voulais simplement exister un instant pour quelqu'un. '


In 'Jin-Roh ' film d'animation japonais, 1998.




_ Caroline, paroles un jour.





'' Je vais croiser mes mots Ă  ses silences, comme nous le faisons depuis longtemps. Et ses Ɠuvres, ses puzzles, je ne sais pas comment on peut dire, sont de celles qui suggĂšrent le plus pour moi l'Ă©criture. Peut ĂȘtre justement par la densitĂ© du silence, qui chez Pierre-Yves est toujours autour du moindre, du moins possible. Mais dans le rien dont il parle, qu'il met en acte, je vois toujours un ' rien si ce n'est ', c'est dans le fond presque un non qui dit oui. Cela fait trĂšs longtemps que nous nous connaissons maintenant, et nous avons eu comme cela quelques rendez vous. Peut-ĂȘtre dire de la pensĂ©e c'est trop grand, mais c'est tout de mĂȘme de la pensĂ©e. Dire ce qui va, au delĂ  de l'Ă©motion, dans la rencontre, venir se poser, qui fera parole un peu vivante sur des Ă©carts, puisque les Ă©carts sont tellement importants dans les installations de ces formes pleines, denses de blanches gĂ©nĂ©ralement. ''


Caroline Sagot Duvauroux _ Limite inférieure de rien, La Roche sur Foron.




_ Présence _








MICHEL ANSEAUME & CAROLINE SAGOT-DUVAUROUX


Photographie : MĂ©lanie Gribinski



_ Le parti pris des choses





_ " Je ne sais pourquoi je souhaiterais que l'homme au lieu de ces Ă©normes monuments qui ne tĂ©moignent que de la disposition grotesque de son imagination et de son corps (ou alors de ses ignobles mƓurs sociales, compagniales ), au lieu encore de ces statues Ă  son Ă©chelle ou lĂ©gĂšrement plus grandes (je pense au David de Michel-Ange ) qui n'en sont qui n'en sont que de simples reprĂ©sentations, sculpte des espĂšces de niches, de coquilles Ă  sa taille, des choses trĂ©s diffĂ©rentes de sa forme de mollusque mais cependant y proportionnĂ©es (les cahutes nĂšgres me satisfont assez de ce point de vue), que l'homme mette son soin Ă  se crĂ©er aux gĂ©nĂ©rations une demeure pas beaucoup plus grosse que son corps, que toutes ses imaginations, ses raisons soient lĂ  comprises, qu'il emploie son gĂ©nie Ă  l'ajustement, non Ă  la disproportion, - ou, tout au moins, que le gĂ©nie se reconnaisse les bornes du corps qui le supporte. "

In ' Le parti pris des choses ' par Francis Ponge.



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Calme encore lĂ , dans quelques heures tout va se mettre en chemin, et comme souvent attendre le dernier moment pour commencer, sachant que cela ne sera pas comme pensĂ©, et qu'avec un peu d'ombre cultivĂ©e peu s'en apercevront, jusqu'au jour oĂč tout sera mis en lumiĂšre. Cultiver l'ombre.



_ Unkraut _ Malherbe, dit-elle.









_ Un silence.





Je sais tes silences, le temps nĂ©cessaire Ă  les rompre ; je les fais tourner dans ma tĂȘte jusqu'Ă  la ronger trop.
Cela devrait un jour donner naissance Ă  un geste.
Ou pas.


_ Edition





ÉtĂ© 2015, sur invitation et avec l'association Esox Lucius, commissariat de l'exposition Trans Formation initiĂ©e par le Conseil GĂ©nĂ©ral de SaĂŽne et Loire, au lieu dit 'Lab71'.




L'exposition prĂ©sente des Ɠuvres de Muriel Toulemonde _ CĂ©cile Beau _ ValĂšre Costes _ Moufida Fedhila _ Bertrand Rigaux _ Arnaud Vasseux_ Blanca Casas Brullet _ Anouck Durand Gasselin _ CĂ©leste Boursier Mougenot.






Novembre 2015, le studio graphique ' Hands-up ' travaille Ă  une Ă©dition, promenade dans l'exposition articulĂ©e autour d'un texte de Sally Bonn ' L’imagination de la matiĂšre' , regard de l’exposition.





Appel Ă  souscription sur KissKissBankBank.




Merci pour vos regards.











_ Incise









_ NoirT [ actualisation du site ]





NoirT [ Nouvelle page du site ]







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TRANS FORMATION

TRANS FORMATION

Commissariat associé avec Esox Lucius


Arnaud Vasseux _ PlĂątre photographique _ 2013 _ Courtesy White Project _






Nous avons sollicitĂ© neuf artistes pour des rĂ©alisations qui touchent Ă  l'intime, perceptibles par un large public. En ces Ɠuvres les prĂ©occupations humaines et actuelles sont Ă©lĂ©ments constructifs au mĂȘme titre que la prise en compte des procĂ©dĂ©s de crĂ©ation, les mouvements, les dĂ©rives des matĂ©riaux. Ces propositions artistiques posent des interrogations, parlent d'alĂ©atoire un instant maĂźtrisĂ©, de cheminement. AncrĂ©es dans notre rĂ©alitĂ©, elles parlent d'un passĂ© et d'un devenir dans un langage contemporain.

Cela se transforme, cela bouge, Ă©volue ou s'efface. Le temps est un Ă©lĂ©ment essentiel en ces modifications. Le temps des sciences, des lumiĂšres, celui du regard offert, du partage, stance silencieuse dans le bruit environnant. Ces Ɠuvres parlent Ă©galement d'esthĂ©tisme, de sĂ©duction mĂȘme pour certaines, et toutes Ă©veillent la pensĂ©e tant par la figure proposĂ©e que par la genĂšse des rĂ©alisations. Elles sont loin des lectures univoques.

La mĂ©moire modifie, le temps Ă©tire, cela use et nous Ă©chappe mĂȘme. Le toujours pathĂ©tique et fascinant mythe de Sisyphe, recommencer sans fin, le mĂȘme geste pour tenter de lui extirper jusqu'Ă  son plus profond, jusqu'Ă  Ă©puisement. Et dans le mĂȘme temps le beau aussi important que la survivance des lucioles.

Les interrogations ici éveillées parlent de notre humanité, de nos fragilités, et du besoin de continuer, cela existe et nous parle.

La mise en espace de l'exposition se veut ouverte, permettant une circulation du regard et de la pensĂ©e. Chaque geste existe tant pour lui mĂȘme qu'en rĂ©sonance avec l'autre. Un ensemble.



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ƒuvres de CĂ©cile Beau _ Bertrand Rigaux _ Anouck Durand Gasselin _ Moufida Fedhila _ Blanca Casas Brullet _ ValĂšre Costes _ CĂ©leste Boursier Mougenot _ Muriel Toulemonde _ Arnaud Vasseux
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Exposition ouverte du 26 juin au 11 octobre 2015 _ Lab71, chemin du Molard _ 71520 _ Dompierre les Ormes _ 03 85 50 37 10 ( Fermée les samedis dimanches ! )



ValĂšre Costes _ Appeaux Ă  banquises _ 2015
Au mur : Moufida Fedhila _ My Island _





_ BoĂźte noire.









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'Je vous prie de m'excuser.' Une maniĂšre de se retirer d'un cercle, de n'y plus revenir.



_Des IcĂŽnes.





Des IcÎnes sacrées.



 Le modĂšle et l'image appartiennent Ă  la catĂ©gorie des phĂ©nomĂšnes liĂ©s, tout comme le double et le moitiĂ©. Car le modĂšle implique toujours l'image de cela mĂȘme dont il est le modĂšle, le double implique toujours la moitiĂ© par rapport auquel on le dĂ©signe comme double.

Sans image il n'y aurait pas de modĂšle ; et il n'y aurait mĂȘme pas de double si on n'y entrait pas l'existence de quelque moitiĂ©. Mais comme ces phĂ©nomĂšnes existent simultanĂ©ment, ils subsistent et sont compris ensemble.

Et puisqu'il n'intervient entre eux aucun intervalle de temps, la vĂ©nĂ©ration de l'un ne diffĂšre pas de celle de l'autre, mais tous deux sont vĂ©nĂ©rĂ©s de la mĂȘme façon 



Théodore Le Studite ( 756 _ 826 )



Chausse-trappes









Présenter une chausse-trappe. Observer les réactions des personnes auxquelles elle est présentée. La forme attire, appelle la main, les angles saillants vivent. Saisir, effleurer. Poser au sol, comprendre les courbes, la toujours violence.

Apprivoiser mĂȘme les fautes antĂ©rieures.







Puis viennent le jeu, les mises en espace, les résonances. Apparaissent les cÎtés organiques, presque sensuels des courbes, arrondis, équilibres.

Construire.




Naissent les questions, Ă  quoi cela sert-il, quand, oĂč, comment 
 Le reste vous appartient.




__________



Forme de plùtre noir comme une empreinte... Bien que les formes soient trÚs différentes, la juxtaposition de ces deux images me semble évoquer un dialogue, ou ses prémices... L'un est en pointe, l'autre appelle à se blottir en son creux. '
MichĂšle S. '








Je ne propose que des idĂ©es, ces formes. M’intĂ©resse le fait que ces gestes soient prĂ©sentĂ©s en diffĂ©rents espaces au fil du temps, les monstrations seront autres, Ă©volueront. Le cĂŽtĂ© nomade de la chose.

Rien n'est fini, je n'aimerais pas une proposition pérenne qui naßtrait trop tÎt. J'apprends encore la lenteur.







Ce n'est pas propre, ce n'est pas fini, c'est en chemin. Cela parle peut ĂȘtre, cela pourrait ĂȘtre de belle matiĂšre, une fonte de verre, la matiĂšre dirait autre chose 


Ce sont des modules lents, et une fosse dans la terre. Les modules sont nés d'une rencontre caresse quand l'image de la Chausse-trap[p]e occupait mes nuits. Blanches.

Pour cela sans doute le blanc qui naĂźt dans le noir, ce n'est pas hasard. Il n'y a pas de hasard, rien n'est totalement maĂźtrisé ; oĂč serait la vie dans la maĂźtrise de tout 


Il n'y a pas d'échelle, cela mesurerait 80 centimÚtres dans la plus grande longueur, mais cela ne demande aucun développement ultérieur.

Plusieurs modules, les rires des enfants, l'arrondi oĂč se blottir.






__________


Et une fosse creusée dans la terre serait recouverte d'une plaque de verre, un autel en creux, un vide ; racines et éléments naturels reprendront lentement possession du vide offert.

Vous regarderez le verre, votre reflet se dessinera et s'estompera, instant de calme, de paix.

Le soleil joue lui aussi ici...

Ni oubli, ni célébration, c'est en chemin.

Sur le fond de terre reposeraient quelques chausse-trappes que la nature recouvre lentement.


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Chausse trappe, silhouette d'enfant, plaque de verre. CollĂšge GĂ©rĂŽme, Vesoul, 2015.




D'objets guerre, aller vers un instant paisible qui perdure, un temps.


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[P]




L'erreur induit-elle un scrupule ?


Scrupulus : (diminutif de Scrupus : pierre pointue, roche ) qui dĂ©signe par son Ă©tymologie bien ancienne une petite pierre, pointue, qui provoque un moment d'hĂ©sitation, de doute, d'empĂȘchement. Une petite pierre, qui malgrĂ© sa petitesse, nous pose Ă  compter de ce moment, un problĂšme, qui nous oblige Ă  un dĂ©tour.





Autre possible pensé, faire un choix.
Écrire ou graver ' Scrupule' sur un socle, poser sur lui une chausse-trappe. Jouer des Ă©chelles, toute mesure est possible, un grand socle (piĂ©destal) pour une chausse trappe Ă  taille rĂ©elle, formes Ă  conjuguer.


_ Claude Royet-Journoud _ Le renversement _









_ Louis I. Kahn





' ... Quand on creuse assez profond dans le domaine non pas des choses que l'on fait, mais simplement de la pensée de ce qu'on veut faire, alors tous les domaines d'expressions se présentent. Pour moi, quand je vois un plan, c'est comme si c'était une symphonie, un royaume d'espaces dans la construction et la lumiÚre. En quelque sorte, je ne me préoccupe guÚre à ce moment de savoir si cela marchera ou pas.... '


Silences et lumiùre _ Louis I. Kahn _ Éditions du Linteau.




_ Scrupule.





Scupulus : diminutif (de scupus : pierre pointue, roche) qui dĂ©signe par son Ă©tymologie bien ancienne, une petite pierre, pointue, qui provoque un moment d'hĂ©sitation, de doute, d'empĂȘchement. Une petite pierre qui, malgrĂ© sa petitesse, nous pose, Ă  compter de ce moment, un problĂšme, qui nous oblige Ă  un dĂ©tour.



_ Perdu ...





D'abord, et c'Ă©tait il y a longtemps, il a pris une boĂźte en fer, ou un carton Ă  chaussures, c'est un peu flou, et sans importance, et au fil du temps, de son temps, il y a rangĂ© des images, celles de sa vie, de ses amours, la premiĂšre automobile, l'arrivĂ©e des AmĂ©ricains, la premiĂšre communion. Quelquefois, il ouvre la boĂźte, regarde, c'est aussi cela la photographie, la mĂ©moire, oh, bien sĂ»r, la petite mĂ©moire, celle qui ne regarde que lui, que chacun, un brin de souvenir, et qui s'estompe, un peu de nostalgie mĂȘme, des images qui vieillissent, mal ou bien, qu' importe, une marque de temps que chaque manipulation, si douce soit-elle, blesse quand mĂȘme un peu, la cassure sur ce visage, le coin pliĂ©, la tache de fixateur, et puis qui les regardera encore, aprĂšs ... AprĂšs, histoire de temps, temps de souvenirs. Dans sa boĂźte, il avait de drĂŽles d’images, des mots d’amour trouvĂ©s en des lettres jetĂ©es, penser perdues, des mots, toujours les mĂȘmes, je pense Ă  toi, je t’envoie une photographie de moi, tu la regarderas lorsque je te manquerai... il ramassait dans les caniveaux, recollait les morceaux, Ă©coutait les mots, regardait les images, s’effacent les images je te manque ? comment pouvaient-ils perdre ces mots d’amour ? L'autre boĂźte, il n'osait plus l'ouvrir. Savait trop ce qu'elle contenait, il avait peur de ces images aujourd'hui. Cela serrait au creux du ventre Ă  la simple idĂ©e de l'approcher. Et pourtant, elle reste lĂ , ne pas la jeter, surtout pas. C'Ă©taient ses images, un cĂŽtĂ© peut-ĂȘtre obscur, un souvenir, des rĂȘves d'avant, savait plus trop, de toutes maniĂšres, des images, il y en avait trop maintenant. Laisser celles-ci reposer, un jardin secret qui ne regardait personne, ils ne comprendraient pas. Ou pire. Plus tard un inconnu les regarderait, saurait, celui-lĂ  est dĂ©jĂ  un ami. Ne redoutait que les voleurs de mĂ©moire, les marchands, ceux-lĂ  ne savent rien voir. Et il y a encore une boĂźte, lĂ -bas, discrĂšte. Celle-lĂ , il l'avait empruntĂ©e dans une galerie d'art, il y a longtemps. Oh, ce n'Ă©tait rien, pas fait exprĂšs, juste un hasard. Il y avait beaucoup de boites mĂ©talliques de petits gĂąteaux, au sol, des dizaines, toutes fermĂ©es, toutes avec une image de visage dĂ©coupĂ©e dans un journal collĂ©e sur une face. Saura jamais ce qui lui a pris, il est ressorti avec la boĂźte sous le manteau, vite, personne n'a rien vu. Plus tard, il est retournĂ© en ce lieu. Les boĂźtes Ă©taient empilĂ©es en de hautes colonnes, Ă©quilibres prĂ©caires, impressionnants, il avait pleurĂ©. Cela s'appelait Les Suisses Morts, c'Ă©taient des boĂźtes mĂ©moriaux anonymes, c'Ă©tait qui dĂ©jĂ , oh, cette petite mĂ©moire fout le camp, christian B, je crois, sais plus... De toutes façons, il n'avait jamais ouvert la boĂźte



_ Accroc en ligne.









Nouvelle page du site.



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' ... Quand on commence à ignorer le rapport des choses entre elles et des choses avec la nature, au titre des villes, des constructions, de l'installation toujours plus puissante de l'homme sur la planÚte, alors il faut s'attendre à bien des désastres qui d'ailleurs ont déjà commencé. On a oublié qu'il n'est pas possible de tout faire, ou alors on paiera tout. '


Siza au Thoronet, le parcours et l’Ɠuvre, Éditions Parenthùses.