_ Vue _ 2017








DerniĂšre vue, le lieu oĂč ces photographies furent prises est dĂ©truit.




_ Non Nommée










_

















2017 _ Pétales de pavots, plùtre, formes aléatoires, éphémÚres.







_ A cÎté de la plaque _ [ Gueules Cassées II ]





- A cÎté de la plaque







' Du plĂątre noir est maintenu dans un tissu souple. Les mains se posent sur cette forme organique, doigts et paumes contraignent la matiĂšre pour obtenir un volume.'

S'affranchir de l'idée de socle. Poser les formes sombres sur de petits socles non visibles, de 1 centimÚtre de haut, désolidariser du sol.








'' Formé 27 ou 29 formes noires, nées de mains contraignant le plùtre noir, j'avais nommé cela des 'Gueules cassées ' ; François Bazzoli en a souligné le cÎté grotesque.

Les formes dissĂ©minĂ©es dans l'atelier sont regroupĂ©es par pĂ©riode de coulage, ou par ressemblances forcĂ©es​. Certaines emballĂ©es reposent. L'univers ici est noir en ces jours, peu de formes blanches se distinguent.

DĂ©ambuler entre elles, le regard change selon qu'il se pose dans un sens ou dans l'autre, selon que la lumiĂšre dessine avec le soleil qui se couche.

Cette incertitude de formes posées en désordre me parle et m'inquiÚte.

Les formes sont blessĂ©es, certaines limites sont brisĂ©es, elles portes les marques de leur histoire, de leurs petites blessures, ĂȘtre sali, rien ne rassure.

Certaines, un instant rejetĂ©es, sont enterrĂ©es dans un coin du jardin, je les retirerai un jour quand les intempĂ©ries les auront travaillĂ©es. ​








_ Contrainte [ Gueules Cassées ] _ I









Contrainte.



Sur une plaque de métal noir reposent 3 formes sombres, en plùtre noir, dites 'Gueules Cassées'.



La forme naĂźt de contrainte de la matiĂšre maintenue en des bas de nylon. Les mains se posent sur cette forme organique souple, doigts et paumes s’immiscent, pression et serrement modulent et font naĂźtre des mĂ©moires de visages. Le plĂątre noir se solidifie, le tissu est arrachĂ©. RĂ©paration, violence, modelage Ă  l'aveugle.










_








_ Entre les mains, échappée de plùtre noir.




' Un bout du pré '









Une a relevé le secret, c'est trÚs dangereux de relever les secrets, les choses premiÚres. S'est cassé la ligne à l'endroit du secret. On n'a pas retrouvé la parole perdue mais la conscience s'est accrue douloureusement dans la ligne brisée de la parole.

_ Caroline Sagot Duvauroux _ Un bout du pré.





[Photographie ©Mireille _ Les Petits Toits du Monde ]







_ Ostie









_ Paysages incertains.










Les mots revenaient sans incidence aucune sur la rĂ©alitĂ© de l'instant prĂ©sent. Juste des mots, Ă©noncĂ©s sans fin, courtes phrases scandĂ©es de silences, attente sans rupture. Semblables Ă  une sĂ©rie d'incises de rochers se dessinant sur le ciel, blanc dĂ©coupĂ© sur noirs, dessins Ă©coutĂ©s en Ă©cho Ă  la douleur de la nuque nĂ©e de contempler les crĂȘtes dĂ©chirĂ©es. Le douleur commencerait Ă  gagner le corps, se tasserait doucement au creux du ventre, plus vive aux heures pĂąles de la nuit, oubliĂ©e quelquefois, jamais perdue. Se pose la question du pourquoi ĂȘtre lĂ . Peut-ĂȘtre simplement veiller sur l'ombre 
 Se perdre dans un blanc.













_ Fronder





Un Y pour galet frondeur.



Phrase adressée à Cyril Jarton, dans le cadre du Championnat international de lancer de ricochets _ Galerie du Granit et Musée des Beaux-Arts _ Belfort _ 2013.



_ Thés







Photographie MichĂšle Scy.





- Retrouver des images, ce qui fut bien persiste, une idée de la rencontre perdure. Le reste n'est qu'avatar sans conséquence, petits aléas de l'art contemporain qui sont aussi construction éphémÚre.









_









_









_ L'art Ă  10 balles ...





_ Projet initial : Tout a commencĂ© par un courrier de Patrice Ferrari auquel Ă©tait joint un billet de vingt francs, envoyĂ© spontanĂ©ment Ă  des artistes de la scĂšne contemporaine en Ă©change d’un "quelque chose" de leur art. Pour reprendre les termes de François Bazzoli, « Il se trouvera toujours un artiste un peu poĂšte, un plasticien plus impĂ©cunieux que nous, un tenant convaincu de l'art pour l'art, un pur et dur de dur pour nous prĂȘter une oreille attentive. Une lettre circulaire, quelques adresses choisies avec discernement, quelques timbres au taux lĂ©gal d'affranchissement, une idĂ©e on ne peut plus "art contemporain" (qu'en est-il de la valeur de l'art s'il n'a pas de valeur, surtout vu depuis les Ă©tables du Brionnais le plus profond, par exemple ?), et le tour est jouĂ©. »

En effet, la lettre provoqua un engouement qui dĂ©passa ses attentes. PrĂ©s de 250 artistes connus, reconnus, mĂ©connus, ont rĂ©pondu positivement au concept artistique de Patrice Ferrari. De Ben Ă  Lawrence Weiner en passant par Georg Baselitz et Sol LeWitt, les Ɠuvres qui composent “ l’art Ă  20 balles ” sont d’un intĂ©rĂȘt pĂ©dagogique certain et permettent de rendre compte de la plupart des mouvements artistiques contemporains de la scĂšne nationale et internationale. Devant ce succĂšs, l’association Esox Lucius, qui s’est donnĂ© pour objet de promouvoir et de divulguer les arts plastiques, a dĂ©cidĂ© de prendre en charge l’organisation et la diffusion de l’exposition “ l’art Ă  20 balles ” de façon aussi large que possible.

La premiĂšre prĂ©sentation publique eut lieu en juillet 2002 Ă  Ligny en Brionnais, village qui a vu naĂźtre cette initiative, ensuite Ă  la galerie des Bains Douches de Marseille 2003 et Ă  la galerie Interface de Dijon 2005. François Bazzoli, confĂ©rencier, critique et historien d’art, professeur Ă  l’École d’art de Marseille-Lumigny et Ă  l’Ecole nationale de la photographie d’Arles, sĂ©duit par le concept proposĂ© par Patrice Ferrari, est le prĂ©sident d’honneur de l’exposition.



_ Décembre 2016, Esox Lucius réactive cet appel.












Collecter. Ne pas dominer le geste. Images d'un temps oĂč quelques sous sont quelque chose. PoussiĂšres Ă  venir.







_ DerniĂšre vue ....





Jour de brouillard. Le lieu oĂč saisir ces arbres est en travaux dĂ©sormais, inaccessible. Il fallait une fin, elle s'impose de fait, simplement laisser les regards porter ailleurs.







_









Le plùtre a pris forme de maison tronquée.
Au cours d'expositions, cette forme unique est déposée en différents endroits discrets .









_ Dessin ...














_ BoĂźte paysage.









Il y a trois ou quatre ans ' La maison chauffante ' proposait Ă  des artistes d'intervenir en de petites boĂźtes d’aluminium. Une boĂźte me fut confiĂ©e.



Emplie pour partie de plùtre et de thé, elle est demeurée inclinée un temps sous le tamaris.



Un paysage fragile s'est dessiné.







' La maison chauffante ' recontactée à plusieurs reprises n'a jamais manifesté le désir de savoir ce qui était advenu. Cela importe peu, je me retrouve en ce geste, qui m'appartient.







Un jour, commencer un récapitulatif de certains silences, tenter de les définir, ceux qui se partagent, ceux qui demeurent vides de n'avoir rien à partager, ceux qui naissent simplement de maladresses ... Et tant d'autres ... Définir, faute de mal interpréter.







_ Non Nommées









Depuis plusieurs annĂ©es, dupliquer une mĂȘme forme nĂ©e d'un emballage devenu obsolĂšte.


La forme est arrondie lisse ou se ronge, se caresse ou se refuse douce à la paume. Les petites excroissances lui conférent cette apparence animale, organique. Rongée par le temps ou salie de poussiÚre, elle passe de main en main, paumes choisies sans hasard.
Jamais perdue, quelquefois oubliĂ©e. Je vous l'ai confiĂ©e, elle est multiple, peut-ĂȘtre en avez vous rendu trace, ou pas, je les sais toutes, il suffit de faire un effort de mĂ©moire, me souvenir de votre regard quand elle vous est arrivĂ©e.
Quand empruntées un instant tu attendais sans mot dire qu'elles te reviennent, parce que présences. Cette forme blanche, ou noire, ou métal est non loin de vous, repose.
Non vraiment calme, le calme n'est pas le propos, ni la mémoire. Sur le mur, la pluie la ronge, le métal la rouille, rouiller du plùtre, elle s'érode ou se recouvre, un jour il nous faudra bien perdre. Faute de nommer l'image se trouble de tant d'identités éphémÚres.










Ne pas cesser de s'en aller.












Merci Ă  Olivier Nouveau _ [ Crest _ Nancy _ Sentiers des Lauzes. ]





_ Quelque chose VIII





Les 'Quelques choses' , soit de petits parallélépipÚdes de plùtre blanc, clos; à l'intérieur desquels brûle un halogÚne de 500 Watts. Cela fume et se consume. Geste mainte fois conjugué de différentes maniÚres.










Le plùtre se fend, devient fragile. Je place le parallélépipÚde de plùtre fissuré dans un carcan de béton trop vite coulé. Un cercueil ...






Remettre le courant, rien n'est terminé ....





.





_ Vues d'atelier.

















_ Dessin









_ Un peu.










_ Dessins





... aux murs.

















_ Estompage atelier ...









_ Dessin ...









Non Nommée noire posée sur socle de plùtre blanc. Ombres passagÚres des frondaisons. Les éléments vont dessiner et ronger.







_ DerniĂšre Vue









_ Un geste des Thés



























Prendre l'empreinte d'une ancienne bassine de zinc, se rappeler les gestes oubliés.

Pris du plĂątre pour tenter de refaire la forme; les mains caressent le blanc avant la prise, contrer la matiĂšre trop fragile.

Restent deux cuves blanches.

Emplir de thé, laisser le liquide s'évaporer, marquer, m'intéresse la lenteur du geste, la prise en compte du temps, les dessins qui m'échappent, ces petits rituels, presque rien d'augures silencieuses.

La pluie soudain entraĂźne le retrait ce jour.



_ PĂ©tale et plĂątre









_ Contraintes [ I _ Gueules Cassées ]









Dans ces mots ' Gueules cassées', beaucoup trop de signifiants, de signifiés, sans doute ; il n'y avait pas de titre aux deux premiÚres formes, ou j'ai oublié.

[ Mise en place lors de l'exposition ' Tomber la[s]' au 180, Dunkerque. ]











Le terme 'Gueules cassées ' est arrivé en travaillant avec La Vitrine02, à Etreux, lieu de mémoire de boucheries immondes ... Sans doute une fascination pour ces visages mémoires d'humanité brisée ...



Ce ne sont que plùtre noirci contenu organique sur lequel appuient doigts et paumes pour imposer une forme ... Puis déposer ces 'Gueules Cassées', trois sur les pierres d'un cimetiÚre que peu savent. Plus d'une année maintenant que ces formes sont offertes aux éléments, une a disparu, les deux derniÚres se rongent, la matiÚre est devenue belle.







Les noirs sont tous différents, les nommer niger ou ater, nommer le Noir ... A terre. L'idée de socle devient absconse ... Déposer ces formes sur un carré de terre, n'en garder que les photographies ... Les noirs sont plus denses quand ils sont mouillés de pluie, puis sÚchent à nouveau, empreints d'eaux et de souillures, négation du calme de la matiÚre non morte.









_ Sans Nom _









_ Trois fois rien








[CRAC le 19 _ Montbéliard.]





_ Discrétement ... _









_ Empreintes d'intérieur de tuiles de verres, plùtre noir et bleu de maçon, équilibre déposé sur le perron de MichÚle B.






_ Il fallut tout déplacer, un impératif avait surgi. MichÚle B. a [dé]rangé les noirs lavés de pluie, une attente.
Le geste ne m'appartient plus, les événements et éléments déplacent et rongent sans hùte. C'est ainsi.

Plus noires et marquées, les formes parlent différemment ...



_ ' Mal herbe' dit-elle _ (détail)









_ PĂ©tales de pavots. ( I )









_ PĂ©tales de pavots. ( II )





_ PĂ©tales de pavots sur poussiĂšre de plĂątre noir.







_ Quelque Chose _ Le 180 _ Dunkerque _ 2014.





.





_ Mues ...









_ Non NommĂ©e dĂ©posĂ©e sur le livre ' HĂȘtre Étang ' de Cyril Jarton.





<



_ Non NommĂ©e noire dĂ©posĂ©e sur le livre HĂȘtre Étang de Cyril Jarton.



_ Mise en place sur le toit de la Galerie du Granit, Belfort.





Photographies : Martine Locatelli.





' Le grand Bazar' _ Fragments _ Galerie du Granit, 2015.



_ Fut un temps ...





A cette époque, Michel Delacroix et moi correspondions. L'un adressait à l'autre une phrase rencontrée dans un livre, ou ailleurs. Le second réalisait une vidéo de ce qu'il ressentait.



'' C'est le charme des temps troubles de permettre des gestes qui sortent de la ligne convenue. ''







Vidéo M. Delacroix.





Il y eut d'autres moments que j'aime. Un jour j'ai adressé à Michel cette phrase ' Se fissurer, c'est laisser entrer en soi une route sans fin.'
Une phrase d'elle.

Michel n'a jamais répondu, une fin sans mot dit. Plus tard, nos chemins se sont séparés, le blog des échanges s'est effacé. Les mots d'elle également.



''J'Ă©tais triste, mais pas comme tous les jours, pour ĂȘtre plus prĂ©cis comme chaque matin, quand j'ai tant de mal Ă  me dĂ©tacher des ĂȘtres fragiles et soumis avec lesquels je passe mes nuits, Ă  quitter ce monde d'avant, ce monde oĂč le moindre dĂ©tail modifie tout."






Vidéo M. Delacroix.





Il fallait une fin, ou pas.