_ Pavots _ 1017





Aimer des pétales de pavots se lier les uns aux autres. Nait une forme, un équilibre éphémÚre.


















_ PoussiĂšre blanche sur noir.









Pierre-Yves Freund : fonds et surfaces


Dans l’Ɠuvre de Pierre-Yves Freund semblent se retrouver des choses laissĂ©es sur le bas cĂŽtĂ© de l’existence. Cela permet de saisir quelques Ă©lĂ©ments premiers du secret de l’intime du monde. A chaque spectateur d’en faire l’usage et l’interprĂ©tation qui lui plaira. D’autant que tout se prĂȘte au doute par la variation des Ă©chelles et des matiĂšres Tout ce qu’on peut en dire : elles ne sont pas nobles. Elles gĂ©nĂšrent ni absurde fĂ©licitĂ© ni abus de confiance, mais sidĂšrent lĂ  oĂč le travail n'a plus besoin de nier ou d'affirmer.

La seule rĂ©ponse est le geste qui rĂ©pond au silence du monde. Il ne faut donc pas chercher ce que l’Ɠuvre cache, mais juste se laisser prendre Ă  perte de vue en sa propension Ă  percer la nuit de l'ĂȘtre ou du monde mais sans en donner les clĂ©s. Des surfaces hantent, s’en dĂ©tachent des formes Ă©tranges de suspens, de vertige. Par elles surgit l’adhĂ©rence Ă©troite Ă  ce qu'il en est de soi, sur ce que l’on ignore et qui n’a pas de nom en des images aussi rupestres que mystĂ©rieuses.



Jean-Paul Gavard-Perret

Article en ligne sur le blog ' Le Littéraire '



« PoussiÚre blanche sur noir », texte de François Bazzoli, photographies Olivier Perrenoud et Pierre-Yves Freund, graphisme Hands Up, Juanma Gomez.





_ Sans hasard ...









Que je colle de petites images aux murs de la ville, que dĂ©pose des mots et des formes en des lieux que je traverse​, des phrases volĂ©es en des gangues de plĂątre perdues en des itinĂ©rances rĂ©flĂ©chies, que je confie de petites boites valises Ă  des mains amies, je ne perds rien, ne donne rien pour rien ; je garde votre regard, vos mots, un certain silence ... le temps d'une vie, d'une pensĂ©e. Restera une trace de ce qui fut, un fragment d'histoire, un mot silencieux, un Ă©clat de rire partagĂ© ; et toujours cette longue baie vitrĂ©e qui nous sĂ©pare Ă  jamais, image reflĂ©tĂ©e d'un ailleurs, chemin partagĂ© que je ne sais pas ici mais qui existe. Une absence.











_ Étoiles ennemies _ Alain HobĂ©.





... " Il se retrouve le dos contre le fond froid de la cour, les yeux en l'air, tout entier en morceaux Ă  se perdre en pensĂ©es inutiles maintenant qu'il s'Ă©vanouit, que ses pensĂ©es rencontrent ce qu'elles ne sont plus, maintenant qu'il part par petits bouts, dĂ©bris que le vent pousse dans les rainures. Il ne bouge pas, Ă©puisĂ© de stupeur, pensif dans ses derniers instants, certain qu'il ne parviendra pas Ă  quitter les lieux autrement qu'en disparaissant lĂ , dans l'Ă©vidence soudaine de son inapparence Ă  l'instant oĂč le rĂȘve, ou ce qu'il prend pour lui, l'enlĂšve en son absence. "


_ Alain HobĂ© _ Étoiles ennemies _ L'arachnoĂŻde _ 2007.





_ 1/12/2017





















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_ N'existe plus ...










_ A terre ...













'' N’avoir rien de plus prĂ©cieux qu’un petit carton vide, et le plaisir que l’on ressent en gardant et en aimant ce vide.''

_ Docimasie - Patrick Wateau _ Édition Corti.





'' Un bout du pré ''









' Une a relevé le secret, c'est trÚs dangereux de relever les secrets, les choses premiÚres. S'est cassée la ligne à l'endroit du secret. On n'a pas retrouvé la parole perdue mais la conscience s'est accrue douloureusement dans la ligne brisée de la parole.'

_ Caroline Sagot Duvauroux _ Un bout du prĂ© _ Édition Corti 2017_



Photographie VĂ©ronique Duhaut.
2005.



- Un instant ...





Rencontres suivies de silences, politesses adroites devenant art de l'esquive, s'ensuit un retrait, ne pas ĂȘtre lĂ  oĂč vous me vouliez/pensiez ĂȘtre.







[Fragment d'une exposition Ă  venir, automne 2018.]



_ Prémisses d'esquilles.









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_ Un temps ...










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FIAC 2017 _ 19-22 octobre 2017 _ Stand 0.D38




La Galerie Françoise Paviot présente :



Juliette Agnel – Jocelyne Alloucherie – Dieter Appelt – Anna et Bernhard Blume – Brassaï – Henri Cartier-Bresson – Benjamin Deroche – Alain Fleischer – Lydia Flem – Joan Fontcuberta – Pierre Yves Freund – Raymond Hains – Aki Lumi – Man Ray – Arthur Siegel







L’ÉchappĂ©





Nouvelle page du site _ L’ÉCHAPPÉ _







_ Flou ...









_ Contraintes _










' Contraintes ' _ Longtemps dénommées 'Gueules cassées', ces formes naissent de la pression des mains sur le plùtre contenu en des bas nylon. Toutes les photographies ont été retravaillées par un ami photographe pour donner une série homogÚne.


Cela existera un jour, ou pas.







_ Être l'invitĂ© de l'invitĂ©e.









_ Paysage improbable.









_ Pavots _ août 2017















_ L'échappé












_ Vue _ 2017








DerniĂšre vue, le lieu oĂč ces photographies furent prises est dĂ©truit.




_ PoussiĂšre blanche sur noir.














_ Texte de François Bazzoli _ Dialogue du geste et de l'artiste commenté par le témoin privilégié _


_ Photographies Olivier Perrenoud et Pierre-Yves Freund _


_Conception graphique Juanma Gomez ' Hands'up Studio '







_ Impression numérique _ 40 pages _ 100 exemplaires remis essentiellement en mains propres.



_ L'échappé









L'échappé

Exposition de Pierre-Yves Freund

Librairie et lieu d'Ă©change La Colline _ 21 _ Flavigny sur Ozerain



Vernissage le samedi 11 août à partir de 17 heures 30.

Exposition du 12 au 31 août, de 14 h à 19 h, sauf les lundis.






_ Non Nommée










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2017 _ Pétales de pavots, plùtre, formes aléatoires, éphémÚres.







_ Fichier PDF en ligne et consacré à mon travail.





http://www.pyfreund.net/pdf/gestes2014.pdf



_ A cÎté de la plaque _ [ Gueules Cassées II ]





- A cÎté de la plaque







' Du plĂątre noir est maintenu dans un tissu souple. Les mains se posent sur cette forme organique, doigts et paumes contraignent la matiĂšre pour obtenir un volume.'

S'affranchir de l'idée de socle. Poser les formes sombres sur de petits socles non visibles, de 1 centimÚtre de haut, désolidariser du sol.








'' Formé 27 ou 29 formes noires, nées de mains contraignant le plùtre noir, j'avais nommé cela des 'Gueules cassées ' ; François Bazzoli en a souligné le cÎté grotesque.

Les formes dissĂ©minĂ©es dans l'atelier sont regroupĂ©es par pĂ©riode de coulage, ou par ressemblances forcĂ©es​. Certaines emballĂ©es reposent. L'univers ici est noir en ces jours, peu de formes blanches se distinguent.

DĂ©ambuler entre elles, le regard change selon qu'il se pose dans un sens ou dans l'autre, selon que la lumiĂšre dessine avec le soleil qui se couche.

Cette incertitude de formes posées en désordre me parle et m'inquiÚte.

Les formes sont blessĂ©es, certaines limites sont brisĂ©es, elles portes les marques de leur histoire, de leurs petites blessures, ĂȘtre sali, rien ne rassure.

Certaines, un instant rejetĂ©es, sont enterrĂ©es dans un coin du jardin, je les retirerai un jour quand les intempĂ©ries les auront travaillĂ©es. ​








_ Contrainte [ Gueules Cassées ] _ I









Contrainte.



Sur une plaque de métal noir reposent 3 formes sombres, en plùtre noir, dites 'Gueules Cassées'.



La forme naĂźt de contrainte de la matiĂšre maintenue en des bas de nylon. Les mains se posent sur cette forme organique souple, doigts et paumes s’immiscent, pression et serrement modulent et font naĂźtre des mĂ©moires de visages. Le plĂątre noir se solidifie, le tissu est arrachĂ©. RĂ©paration, violence, modelage Ă  l'aveugle.










_ Salmaise _ BĂątons perdus.






Perte d'Ă©crits aux portes du Morvan.

Dans la maison prĂȘtĂ©e par un ami sont passĂ©es quelques personnes du village.

Une porte ouverte sans réelle indication, chacune et chacun avaient apporté quelques écrits intimes.

Secret partagĂ©, les mots recopiĂ©s sont pris en onze bĂątons de plĂątre dĂ©posĂ©s ensemble en un lieu de la forĂȘt.
















_ Rendez-vous Ă  Saint-Briac (II)






© Raphaël Chipault et Gilles Gerbaud







Rendez-vous Ă  Saint-Briac



Exposition du 25 mai au 28 mai 2017


La galerie Françoise Paviot prĂ©sente le travail de trois artistes de l’École Nationale des Beaux- Arts de Paris, chacun d’entre eux invitant Ă  son tour un artiste de son choix.

Gilles Gerbaud et Raphaël Chipault invitent Arnaud Vasseux
Juliette Agnel invite Benjamin Deroch
Blanca Casas Brullet invite Pierre-Yves Freund




Ancien presbytĂšre
Route du presbytĂšre
35800 Saint-Briac-sur-Mer


Ouvert de 11h Ă  19h
Entrée libre
07 86 84 73 06






www.festivartsaintbriac.fr




http://paviotfoto.com/







_ Rendez-vous Ă  Saint-Briac. (I)















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_ Entre les mains, échappée de plùtre noir.




' Un bout du pré '









Une a relevé le secret, c'est trÚs dangereux de relever les secrets, les choses premiÚres. S'est cassé la ligne à l'endroit du secret. On n'a pas retrouvé la parole perdue mais la conscience s'est accrue douloureusement dans la ligne brisée de la parole.

_ Caroline Sagot Duvauroux _ Un bout du pré.





[Photographie ©Mireille _ Les Petits Toits du Monde ]







_ Posons nos valises.









_ Ostie









_ Regard sur gestes.





Le rapport au rĂ©el, Ă  la matiĂšre, ĂȘtre de la sculpture.

Le passage du temps, tenter de lire la forme.


Photographier, caresser l'ombre.











Travailler avec qui maĂźtrise l'outil.

User de mains contraignant le plĂątre tenu en de fragiles gangues de nylon.

Contrainte.



Rien n'est simple ni épuré dans ce qui précÚde le geste, ou s'ensuit.

Sculpture donc, caresse de matiÚre, empreints d'images au réel proche, sans recherche de vouloir faire absolument, cela naßt de rencontres.

La présence du blanc quelquefois contrariée de rouge qui souligne ou s'estompe.

OĂč paumes contenant caressant une matiĂšre organique fragile prise dans le blanc.









Le calme apparent de la forme, lent Ă©coulement du fil du temps.




_ 'Comment sauver le peu qu'on engloutit ? ... '





Toute l’Ɠuvre de P-Y Freund rĂ©pond Ă  la question que pose Caroline Sagot Duvauroux * : “Comment sauver le peu qu’on engloutit ?” et que le monde lui-mĂȘme dĂ©vore. Le plasticien fait ressurgir non seulement les traces mais les lumiĂšres de tout ce qui se dĂ©fait. Textiles, moulages tirent du rien “tout ce qui reste” comme aurait dit Beckett. Comme lui, l’artiste fait de ce rien un tout en un cĂ©rĂ©monial qui n’a rien de dĂ©lĂ©tĂšre. Les survivances se transforment soudain en survivances Ă  la beautĂ© froide venue d’un surgissement intempestif. NĂ©ons, cubes conjurent Ă  leur maniĂšre l’immense charnier du temps selon une gĂ©omĂ©trie dans l’espace des plus impeccables.

Le crĂ©ateur projette des visions qui ouvrent Ă  une sorte d’universalitĂ©. Elles marquent une obsession, une hantise de l’entrave dont le crĂ©ateur veut libĂ©rer le monde comme s’il voulait rĂ©parer le trauma d’une Ă©poque qui croule sous les images, aussi rĂ©pulsives qu’attirantes et attractives, signes d’un implicite enfermement. Les Ă©pures de l’artiste permettent de penser l’ĂȘtre, son rapport Ă  l’autre, au monde en une concentration source de “simplicitĂ© ». Ses Ɠuvres produisent aussi une sensation quasi tactile de l’espace. Il joue ainsi sur deux registres : la jubilation d’un parcours initiatique qui provoque un ravissement mais aussi — car il faut bien l’appeler par son nom — le tragique de situation oĂč l’ĂȘtre semble perdu en une sorte de nĂ©ant.

Ce que l’artiste offre reste nĂ©anmoins harmonieux et accompli. Dans cet univers dĂ©peuplĂ© et de recueillement, ce qui y demeure “tient”. A ce titre, Freund pourrait faire sienne la phrase de Braque: “ une toile blanche ce n’est dĂ©jĂ  pas si mal ”; chez le plasticien c’est mĂȘme bien, car Ă  la fin il faut toujours revenir Ă  l’essentiel, l’image primitive et sourde. Une lumiĂšre surgit de sa cĂ©sure. Jamais loin du nĂ©ant, l’artiste atteint ainsi une sorte d’essence et de clartĂ© par ce dĂ©pouillement majeur lĂ  oĂč l’art semble se dĂ©rober mais rĂ©siste pourtant de maniĂšre essentielle.

C’est en ce sens que sous l’apparente banalitĂ© se cache ce qu’il y a de plus fantastique. L’image devient un seuil visuel particulier. Franchir ce seuil ne revient pas Ă  trouver ce qu’on attend. Mais c’est ainsi qu’il indique un rĂ©el passage : il ne risque pas, sa frontiĂšre passĂ©e, de rameuter du pareil, du mĂȘme. Si effet de miroir il y a, ce miroir est un piĂšge : l’Ɠil devient veuf de ce qu’il espĂšre ou serait en droit d’attendre.


Jean Gavard-Perret.


* Texte de Caroline Sagot Duvauroux, catalogue Pierre-Yves Freund, co-édité par le Musée de Belfort et le 19, CRAC de Montbéliard, 2015.












_ Paysages incertains.










Les mots revenaient sans incidence aucune sur la rĂ©alitĂ© de l'instant prĂ©sent. Juste des mots, Ă©noncĂ©s sans fin, courtes phrases scandĂ©es de silences, attente sans rupture. Semblables Ă  une sĂ©rie d'incises de rochers se dessinant sur le ciel, blanc dĂ©coupĂ© sur noirs, dessins Ă©coutĂ©s en Ă©cho Ă  la douleur de la nuque nĂ©e de contempler les crĂȘtes dĂ©chirĂ©es. Le douleur commencerait Ă  gagner le corps, se tasserait doucement au creux du ventre, plus vive aux heures pĂąles de la nuit, oubliĂ©e quelquefois, jamais perdue. Se pose la question du pourquoi ĂȘtre lĂ . Peut-ĂȘtre simplement veiller sur l'ombre 
 Se perdre dans un blanc.













_ Gestation.





GESTATION


Au sens figurĂ©, pĂ©riode pendant laquelle un artiste, un Ă©crivain travaille Ă  une Ɠuvre en cours; c'est aussi l'Ă©tat de l’Ɠuvre pendant cette pĂ©riode. Pour l'auteur, la gestation est un Ă©tat trĂšs particulier, de travail, mais aussi de prĂ©occupation et mĂȘme de hantise jusque dans la vie courante; il a l'impression de vivre dans deux mondes Ă  la fois, celui de l’Ɠuvre et le monde rĂ©el; et il s'est orientĂ© vers l’achĂšvement, il sent cependant avec l’Ɠuvre une intimitĂ© Ă  laquelle il regrette souvent de devoir mettre fin. Pour l’Ɠuvre, ce n'est pas seulement l’inachĂšvement; c'est un Ă©tat dynamique de transformations perpĂ©tuelles; les brouillons, les esquisses, en donnent une idĂ©e, mais ne rendent pas l'essentiel, qui est ce statut toujours mouvant.


Voir Ă©galement Conception, Esquisse.



Extraits du Dictionnaire des synonymes et des mots de sens voisins de Henry Bertaud du Chazaud, Quarto Gallimard .